Immobilier d’entreprise : le marché dévisse 4e trimestre 2022

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En France, le montant global des investissements en immobilier d’entreprise – bureaux, locaux d’activités, entrepôts et commerces -, a chuté de 52 % au 4e trimestre 2022, par rapport à la même période de 2021, à 5,4 milliards d’euros, selon Immostat. En Ile-de-France, il a plongé de 62 %, à 2,5 milliards. Le résultat d’un fossé croissant entre les attentes des vendeurs et celles des acheteurs.

Si les baisses sont plus limitées sur l’ensemble de l’année 2022 par rapport à 2021 (-2 % sur l’ensemble du pays, pour un marché à 25,5 milliards et -3 % en région parisienne à 15 milliards), la fin d’année, traditionnellement très animée, chacun essayant de boucler les opérations engagées, a été marquée par un décrochage spectaculaire.

Avec la hausse des taux d’intérêt immobilier, les acquéreurs empruntent plus cher et ne peuvent plus se permettre d’acheter aux mêmes prix. Les vendeurs, de leur côté, refusent d’intégrer ces nouveaux paramètres. Un certain nombre d’entre eux préfèrent momentanément renoncer à vendre plutôt que de réduire leurs prix – en tout cas de façon importante.

Un blocage qui devrait encore se ressentir au premier semestre 2023, avant que propriétaires et investisseurs ne finissent par trouver un terrain d’entente, selon les experts d’Immostat.

Outre les taux d’intérêt en hausse, le marché a pâti des hausses des prix de l’énergie et des matériaux de construction en partie générées par la guerre en Ukraine.

Même si l’intérêt des investisseurs reste élevé, le segment des bureaux en Ile-de-France est celui qui a le plus souffert, du fait des valorisations particulièrement élevées et d’une évolution de la demande. Les entreprises cherchent en effet de plus en plus des immeubles centraux, bien desservis par les transports en commun, économes en énergie et dont la configuration permet de s’adapter aux nouvelles organisations du travail.

Conséquence : les actifs moins bien localisés ou qui posent problème en termes environnementaux sont délaissés car les loyers pratiqués ne permettent plus de financer les travaux nécessaires pour une remise aux normes.

Les investisseurs se sont au contraire concentrés sur les actifs qui se louent facilement, à Paris notamment, même si les gros immeubles, à plus de 200 millions d’euros, ont eu du mal à trouver preneur.