À l’occasion d’un événement organisé à Paris par Refruiting et Sesame dans le cadre de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, Reynald Naulleau est revenu sur le parcours personnel qui l’a conduit à rejoindre l’entreprise et à inscrire l’inclusion au cœur de son engagement professionnel.

Une trajectoire personnelle qui interroge le sens du travail
Après une première expérience entrepreneuriale dans le secteur de l’alimentation, Reynald Naulleau traverse une période de réflexion sur la suite de son parcours. Cette remise en question passe notamment par une expérience marquante : le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, entrepris comme un temps de recul et de recentrage.
À cette quête personnelle s’ajoute une réalité intime qui influence progressivement sa vision du monde professionnel : le handicap de sa fille, née prématurément et aujourd’hui atteinte d’un handicap moteur.
« Je voulais faire quelque chose qui avait du sens », explique-t-il. « Je savais que je voulais entreprendre de nouveau, mais il y avait aussi le handicap de ma fille. »
Une rencontre décisive avec Refruiting
C’est à Barcelone, au contact de réseaux d’entrepreneurs, qu’il découvre Refruiting. Si le projet ne suscite pas immédiatement son intérêt, c’est sa dimension humaine et inclusive qui change la donne.
L’entreprise, spécialisée dans la distribution de fruits, cafés et snacks en entreprise, propose un modèle hybride qui associe activité économique et impact social concret.
« Quand on m’a expliqué que ce n’était pas seulement une entreprise de food, mais qu’il y avait derrière des personnes en situation de handicap, je me suis dit que c’était la réponse à ma quête de sens », raconte-t-il.
Il décide alors de rejoindre la structure en tant qu’intrapreneur, avec pour mission de développer les activités en France puis en Italie.
Refruiting : un modèle économique adossé à l’inclusion
Au-delà de son activité de distribution en entreprise, Refruiting s’appuie sur un modèle fondé sur l’inclusion des personnes en situation de handicap. L’entreprise emploie directement certains collaborateurs concernés et développe également des partenariats avec des ESAT et des structures adaptées.
Cette organisation permet d’intégrer l’impact social dans la chaîne de valeur, en faisant de l’inclusion un élément structurant du fonctionnement de l’entreprise, et non un simple engagement affiché.
Pour Reynald Naulleau, cette approche illustre une évolution plus large des entreprises : « Derrière les fruits, le café ou les snacks, il y a des personnes. »
L’enjeu de l’authenticité dans les engagements RSE
Au cours de son intervention, il revient également sur la question de la sincérité des démarches d’inclusion en entreprise. Il évoque le risque de « handi-washing », par analogie avec le greenwashing, lorsque les engagements ne sont pas suivis d’actions concrètes.
Pour lui, la crédibilité repose avant tout sur la réalité du terrain et sur l’impact mesurable des actions mises en place.
Une nouvelle définition de la réussite
Cette expérience personnelle et professionnelle a profondément transformé sa vision de l’entrepreneuriat et de la réussite.
Si la performance économique reste un indicateur important, elle n’est plus suffisante pour définir le succès d’un projet. « Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’impact que l’on laisse », affirme-t-il.
Une approche qui replace la dimension humaine au centre de la réflexion entrepreneuriale, et qui illustre l’évolution des attentes vis-à-vis des entreprises, de plus en plus invitées à concilier performance et utilité sociale.