À l’occasion de ses dix ans, la Direction de l’immobilier de l’État (DIE) dévoile un rapport annuel 2025 qui retrace une décennie de transformation profonde de la politique immobilière publique. Bien plus qu’une fonction support, l’immobilier de l’État est désormais présenté comme un véritable levier stratégique au service de la modernisation de l’action publique, de la sobriété énergétique et de l’amélioration des conditions de travail.
Créée en 2016 pour succéder à France Domaine, la DIE a progressivement structuré une gouvernance immobilière interministérielle capable de piloter un parc immobilier d’une ampleur inédite. L’objectif : mieux connaître, rationaliser et transformer les bâtiments publics pour répondre aux nouveaux usages et aux enjeux environnementaux.
Pour Sylviane Bourguet, directrice de l’immobilier de l’État depuis novembre 2025, « en dix ans, l’immobilier de l’État est devenu un levier stratégique à part entière de l’action publique. Ce rapport anniversaire témoigne du chemin parcouru et trace les perspectives d’un nouveau cycle, plus résilient face aux crises ».
Une décennie marquée par des investissements majeurs
Le rapport met en lumière des chiffres significatifs qui traduisent cette montée en puissance :
- 4,6 milliards d’euros investis depuis 2018 dans la rénovation énergétique et environnementale ;
- 255 000 m² de surfaces tertiaires libérées grâce à la rénovation des cités administratives ;
- 10 % d’économies d’énergie réalisées depuis 2020 ;
- Plus de 1 500 projets immobiliers labellisés à l’échelle nationale et régionale.
La DIE a également piloté le vaste volet immobilier du plan France Relance, avec plus de 4 000 projets de rénovation énergétique engagés dans des délais particulièrement contraints.
Des espaces de travail repensés
La transformation ne concerne pas uniquement les bâtiments, mais aussi les usages. Télétravail, flex office, modularité des espaces et qualité de vie au travail occupent désormais une place centrale dans les stratégies immobilières de l’État.
Depuis plusieurs années, la DIE accompagne ainsi le développement de nouveaux espaces de travail plus collaboratifs, sobres et adaptés aux évolutions des organisations. Plus de 110 000 m² ont déjà été réaménagés dans ce cadre.
En 2023, la DIE a franchi une nouvelle étape avec l’adoption de deux textes structurants pour la politique immobilière de l’État. Parmi eux, une nouvelle doctrine d’occupation des immeubles de bureaux fixe un objectif ambitieux : réduire de 25 % les surfaces occupées d’ici 2033, avec une cible de 16 m² par agent. Cette orientation traduit la volonté de l’État d’optimiser l’usage de ses espaces tout en accompagnant les nouvelles organisations du travail et les enjeux de sobriété immobilière.
Pour Sylviane Bourguet, directrice de l’immobilier de l’État depuis novembre 2025, « la sobriété irrigue désormais l’ensemble de la politique immobilière de l’État », qu’il s’agisse des consommations énergétiques, de l’occupation des espaces ou encore de la résilience face aux crises climatiques et énergétiques.
Une politique immobilière tournée vers l’avenir
Le rapport met enfin en avant plusieurs enjeux majeurs pour les années à venir : l’importance de la donnée dans le pilotage immobilier, la sobriété des usages avec moins de mètres carrés mais des espaces plus performants et mieux utilisés, ainsi que le rôle du foncier comme support des politiques publiques.
La DIE insiste également sur les défis liés à la transition énergétique et à la résilience des bâtiments publics face aux crises climatiques et économiques. Parmi les grandes perspectives annoncées figure notamment la création d’une future foncière de l’État, pensée pour renforcer la capacité d’investissement et inscrire la stratégie immobilière publique dans une vision de long terme.
Dix ans après sa création, la DIE affirme ainsi une ambition claire : faire de l’immobilier public un outil de transformation durable, au service des agents, des usagers et des territoires.